Un extrait de « Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949) »

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de Dominique Vidal

Ilan Pappé, ou le chemin solitaire, chapitre X

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L'apport des nouveaux historiens israéliens
à la connaissance du conflit de 1948.
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« Je quitte le pays, mais j’espère que ce n’est pas pour toujours. Pour le moment, je sais complété ma formation académique et où je peux compter sur des collègues et amis qui m’estiment et m’aideront à continuer mon travail. » C’est ainsi que commence l’interview donnée par Ilan Pappé au journaliste Michele Giogio et publiée le 23 mars 2007 par le quotidien italien il Manifesto. L’historien israélien n’est certes pas le premier intellectuel « dissident » à s’expatrier. D’ailleurs, quelques mois avant lui, son amie et collègue Tanya Reinhart a choisi d’aller s’installer aux États-Unis, où, à peine arrivée, elle a succombé à une crise cardiaque. Quitter son pays représente toujours une décision douloureuse, signe, de surcroît, que quelque chose y pourrit...

Pourquoi l’avoir prise ? « Je ressens très fortement, répond Pappé, le besoin de poursuivre mes recherches, mes études, dans une ambiance non hostile, dans une université où l’on ne vous traite pas comme un pestiféré, quelqu’un qu’on doit tenir à distance. » Et d’expliquer : « Je suis un historien qui a toujours fait son travail avec une extrême rigueur, mes étudiants m’estiment, et pourtant je suis attaqué continuellement parce que les conclusions de mes études ne coïncident pas avec la version officielle sur le contexte qui a amené à la naissance d’Israël et posent des questions sur les politiques [de l’État hébreu] à l’égard des Palestiniens et des Arabes. C’est ma critique du sionisme qui tape sur les nerfs de ceux qui m’attaquent. »

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